Impacts concrets de la formation continue sur la qualité et la sécurité des soins
1. Actualisation systématique des connaissances médicales et paramédicales
Le nombre d’actes médicaux fondés sur des recommandations actualisées est directement corrélé à l’intensité de la formation continue. Plusieurs études, dont celle du Journal of Clinical Epidemiology (2022), ont montré que les généralistes participant à au moins deux actions de DPC par an adaptent plus rapidement leurs prescriptions et modalités de suivi suite à de nouvelles recommandations de prise en charge (par exemple : antibiothérapie, anticoagulation, dépistage du cancer du côlon).
- En 2022, l’introduction des nouvelles recommandations HAS sur le diabète de type 2 a été plus rapide dans les territoires engagés dans des groupes de pairs, comparés à ceux où les actions de formation restaient individuelles.
- La prise en compte des signaux faibles d’événements indésirables médicamenteux progresse de 20% chez les praticiens suivant annuellement des formations ciblées (données WEKA santé).
2. Prévention et gestion des risques : du partage d’expérience à l’automaticité réflexe
La sécurité des soins passe aujourd’hui par l’analyse des événements indésirables et la gestion des risques associés aux pratiques : infections associées aux soins, erreurs de prescription, défauts de communication interprofessionnelle. La formation continue permet de passer d’une logique punitive à une logique de prévention.
- La majorité des actions d’amélioration de la sécurité du circuit du médicament en établissement de santé de proximité (hôpital local, EHPAD) sont issues d’un cycle DPC spécifique (audit, retour d’expérience, simulation en équipe).
- Selon la Fédération française de simulation en santé, les ateliers de simulation médicale en équipe ont permis de réduire de 30% les erreurs médicamenteuses dans des services pilotes de médecine polyvalente entre 2018 et 2022.
Côté médecine de ville, le partage d’anecdotes ayant conduit à des complications évitables lors des réunions pluriprofessionnelles (notamment en MSP) facilite l’intégration rapide de réflexes face à des situations à risque (exemple : suspicion de maltraitance, coordination en situations complexes).
3. Coopération et coordination pluriprofessionnelle au service du parcours patient
La transformation de la formation continue s’observe aussi dans la montée en puissance de la formation interprofessionnelle (FIP). Elle permet de décloisonner la compréhension des parcours et de fluidifier la prise en charge, notamment lors du passage ville-hôpital ou du retour au domicile.
| Thème de la FIP |
Bénéfice observé |
Type de structure |
| Gestion du patient âgé polymédiqué |
Diminution de 22% des hospitalisations évitables |
Hôpital local, MSP |
| Prise en charge de la souffrance psychique en ambulatoire |
Réduction de 18% du délai d’accès au psychologue |
Cabinet de groupe, centre de santé |
| Simulation coordination pluridisciplinaire urgences/SMUR/urgences générales |
Baisse de 12% du taux d’évènements indésirables graves |
Services d’accueil d’urgence ruraux, associatifs |
Cette logique collaborative, désormais promue par le Ministère de la santé via les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), crée des réseaux réflexes et accroît la sécurité globale du parcours.