Modèles organisationnels : quelles solutions concrètes d’articulation ?
S’appuyer sur l’existant, valoriser les singularités territoriales, tels sont les fondements d’une organisation de la permanence des soins réussie. Tour d’horizon des modèles efficaces observés récemment :
1. Les maisons médicales de garde (MMG) en lien avec l’Hôpital Local
La MMG est un espace dédié à la prise en charge des soins non programmés, ouvert le soir, le week-end et les jours fériés. Dans de nombreux territoires, elle est adossée à l’Hôpital Local ou située à proximité immédiate des services d’urgences – ce qui facilite le relais en cas de situation complexe.
- Avantages : accueil centré sur la médecine générale, régulation amont par le SAMU ou la régulation médicale libérale, mutualisation des ressources (locaux, matériel, secrétariat), sécurisation des praticiens par l’accès facilité aux moyens hospitaliers.
- Limites : dépend de l’engagement des médecins généralistes volontaires, “effet d’aspiration” des flux de soins vers l’hôpital en cas de démobilisation en ville.
Plus de 600 maisons médicales de garde existaient en 2023, couvrant environ 70 % du territoire (source : Santé Publique France). Ce schéma répond aux zones hybrides, ni complètement rurales ni totalement urbaines.
2. L’accueil dédié au sein des Hôpitaux Locaux
Certains Hôpitaux Locaux disposent de structures d’urgences “de proximité” (ex : antennes Smur ou petites unités d’accueil), capables de prendre en charge 24h/24 les urgences relevant de la médecine générale ou intermédiaire.
- Avantages : filière claire pour les patients, sécurité et recours pour les généralistes, implication forte des équipes hospitalières.
- Limites : risque de saturation, éloignement des circuits de la médecine de ville, coût de fonctionnement élevé.
3. Les postes avancés mixtes ville-hôpital
Des expériences innovantes voient le jour : postes de soins avancés mutualisant équipes de ville (MG, infirmiers libéraux) et ressources hospitalières, sur un même lieu et sous protocoles partagés, y compris pour la gestion de la régulation.
- Avantages : coopération transversale, adaptation rapide aux fluctuations de flux, reconnaissance de la spécificité de chaque acteur.
- Limites : nécessite une gouvernance territoriale solide, appui technique/administratif.
4. La régulation médicale : le cœur de l’articulation
Régulation médicale libérale et hospitalière (15 et 116 117) constitue le pivot de l’offre territoriale. La réussite passe par :
- Un numéro unique lisible pour la population : l’expérimentation du 116 117 avance, mais n’est pas uniforme sur le territoire (source : Ministère de la Santé, 2023).
- Un partage d’information en temps réel entre régulateurs, médecins généralistes et équipes hospitalières.
- Des protocoles de réorientation sécurisés (SRR - Services d’Accueil des Soins Non Programmés, Fédérations Hospitalières).