Les leviers d’un partenariat efficace : outils et principes
Pour sortir de la logique du “chacun chez soi”, il s’agit d’installer, à l’échelle locale, des habitudes, des outils, et des espaces dédiés.
1. Instaurer des temps de rencontre réguliers
- Comités médicaux locaux : Réunions mensuelles ou trimestrielles (en présentiel ou en visio) rassemblant les médecins généralistes, l'équipe de l’hôpital local, et parfois un représentant du service d’aide à domicile. Objectif : discuter parcours, points durs, et ajustements collectifs.
- Temps de retour d’expérience : Analyse de “cas difficiles” pour travailler les points de blocage (accueil en urgence, sortie précoce, coordination avec les familles, etc.).
Exemple vécu : Sur un territoire du Centre-Val de Loire, l’instauration d’un “petit-déjeuner ville-hôpital” toutes les six semaines a permis de fluidifier l’admission directe depuis le domicile, évitant le détour par les urgences dans plus de 50 % des cas (ARS Centre-Val de Loire).
2. Formaliser des procédures partagées
- Charte de coopération : Définir qui fait quoi lors des admissions, quels documents sont nécessaires, quels contacts d’urgence utiliser et dans quels cas (modèles disponibles sur le site de la FHF).
- Protocoles pour les moments à risque : Admission, sortie d’hospitalisation, gestion des alertes (chute, aggravation soudaine…). Ces protocoles doivent être simples, adaptables et partagés à l’ensemble de l’équipe.
3. Miser sur la circulation efficace de l’information
- Dossiers partagés et messagerie sécurisée : L’utilisation de l’espace numérique en santé (ENS), du Dossier Médical Partagé (DMP) ou d’une messagerie sécurisée type MSSanté permet d’envoyer les comptes rendus, prescriptions ou alertes rapidement.
- Appels systématiques pour les situations complexes : En complément du courrier, un appel téléphonique médecin à médecin pour toute sortie comportant un risque (perte d’autonomie, isolement social, etc.).
Une récente enquête de la FFMPS (Fédération Française des Maisons et Pôles de Santé) montre que l’introduction d’une “personne référente coordination” permet de diviser par trois le retard de transmission des informations cliniques lors du retour à domicile.
4. Valoriser la fonction de coordination
Trop souvent, le temps passé à coordonner n’est pas reconnu. Dans plusieurs territoires, l’expérience de la rémunération de la coordination (via des dispositifs type ACI ou programmes article 51) a permis non seulement de motiver les équipes, mais surtout de dégager du temps spécifiquement dévolu à l’organisation du parcours. La CNAMTS recommande d’intégrer une valorisation de la coordination dans tous les projets territoriaux de santé.
5. Impliquer les intervenants du domicile
- Intégrer les IDEL, les services d’aide à domicile, les pharmaciens d’officine dans les réunions de coordination, au moins pour les situations à risque.
- Obtenir un retour systématique des acteurs du domicile (via messagerie sécurisée ou fiche synthétique) dans les jours suivants la sortie hospitalière.
Comme l’a démontré l’expérimentation “PAERPA”, la participation du secteur médico-social réduit le taux de réhospitalisation de 15 à 25 % chez les plus de 75 ans (source : rapport IGAS, 2017).